Déshydrateur de biodéchets : fonctionnement, avantages et intérêts

Camille Temps de lecture : 7 minutes
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Déchets organiques et cagettes de fruits

Selon un ancien rapport d’office parlementaire, les déchets ménagers contiendraient en moyenne 35 % d’eau [1]. Ce pourcentage peut s’élever à plus de 90 % du poids total du déchet selon sa nature. Dans ces conditions, l’eau représente une part importante du poids et du volume des déchets à gérer. En éliminant une partie de cette humidité, il devient possible de réduire de manière notable les volumes à stocker et à transporter. C’est précisément le rôle du déshydrateur de biodéchets, une solution de prétraitement de plus en plus utilisée par les professionnels produisant d’importantes quantités de déchets organiques.

Dans cet article, découvrez le fonctionnement des déshydrateurs de biodéchets, les types de déchets pouvant être traités, leurs avantages pour les professionnels ainsi que les différentes solutions de valorisation après déshydratation.

Qu’est-ce qu’un déshydrateur de biodéchets ?

Un déshydrateur (thermique) de biodéchets permet de réduire le poids et le volume des déchets organiques en éliminant une grande partie de l’eau qu’ils contiennent.

Cette technologie repose sur un processus de séchage contrôlé qui transforme les biodéchets humides en une matière sèche, plus facile à stocker et à transporter.

Les biodéchets étant composés à plus de 70 % d’eau en moyenne, leur déshydratation peut permettre de réduire leur poids de 80 à 90 %. Cette diminution facilite grandement leur gestion et limite toutes les nuisances liées au stockage (odeurs, écoulements par exemple).

Pour mieux comprendre le fonctionnement d’un déshydrateur, on peut faire un parallèle avec les aliments déshydratés utilisés en randonnée ou même lors de missions spatiales. Une soupe déshydratée occupe ainsi beaucoup moins de place que son équivalent frais. Le même principe s’applique aux biodéchets.

Quels déchets peuvent être déshydratés ?

La plupart des déchets alimentaires peuvent être traités par un déshydrateur de biodéchets. On retrouve notamment :

  • Les restes de repas,
  • Les fruits et légumes,
  • Les épluchures,
  • Le pain,
  • Les produits alimentaires périmés sans emballage,
  • Les viandes et poissons,
  • Le marc de café,
  • Les coquilles d’œufs.

Selon les modèles, certains équipements peuvent également accepter des déchets issus de la restauration collective ou de l’industrie agroalimentaire.

En revanche, les emballages, plastiques, métaux, verres ou autres déchets non organiques doivent être retirés avant le traitement. Un tri à la source reste donc indispensable pour garantir le bon fonctionnement de l’installation.

Quelle différence entre déshydratation et compostage ?

La déshydratation et le compostage sont deux solutions de gestion des biodéchets qui répondent à des objectifs différents. La déshydratation consiste simplement à retirer l’eau contenue dans les déchets. Elle ne transforme pas la matière organique et ne produit pas directement de fertilisant.

Le compostage, à l’inverse, est un processus biologique durant lequel des micro-organismes décomposent la matière organique en présence d’oxygène pour produire du compost. Ce dernier peut ensuite être utilisé pour enrichir les sols.

Ces deux solutions sont d’ailleurs complémentaires. Les biodéchets déshydratés peuvent être orientés vers une filière de compostage ou de méthanisation afin d’être valorisés. La déshydratation intervient alors comme une étape intermédiaire qui facilite le stockage, le transport et la gestion des déchets organiques avant leur traitement final.

Comment fonctionne un déshydrateur de biodéchets ?

Le principe de déshydratation

Le déshydrateur utilise un système de chauffage à basse température associé à une circulation d’air qui permet de faire s’évaporer progressivement l’eau présente dans les déchets. Contrairement à l’incinération, l’objectif n’est pas de détruire la matière organique mais simplement d’en extraire l’humidité.

Une fois le cycle terminé, les biodéchets conservent leur matière sèche (appelée « séchât ») tout en occupant beaucoup moins d’espace.

Les différentes étapes du traitement

Le fonctionnement exact peut varier selon les fabricants, mais la plupart des déshydrateurs suivent les mêmes étapes. Nous vous invitons d’ailleurs à explorer les différentes solutions de nos fournisseurs !

Les biodéchets sont d’abord déposés dans la machine après avoir été triés afin d’éliminer les éléments non compatibles comme le plastique, le verre ou le métal. Certains équipements disposent ensuite d’un système de brassage ou de broyage destiné à homogénéiser la matière.

Le cycle de déshydratation démarre alors. Pendant plusieurs heures, la chaleur et la ventilation permettent d’évacuer progressivement l’eau contenue dans les déchets. La vapeur générée est généralement condensée puis rejetée sous forme d’eau (dans les eaux usées).

À l’issue du traitement, il reste une matière organique sèche (poudre) qui pourra être stockée plus facilement avant d’être orientée vers une filière de valorisation adaptée (compostage ou méthanisation).

Quels sont les avantages d’un déshydrateur de biodéchets ?

Nous en avons parlé tout au long de cet article : le principal avantage de de la déshydratation réside dans la réduction conséquente du poids et du volume des déchets ainsi traités. Cela facilite non seulement leur stockage, mais limite aussi la fréquence des collectes et les nuisances associées aux déchets alimentaires (odeurs, jus, présence de nuisibles etc.)

Pour les professionnels, la déshydratation peut aussi permettre d’optimiser les coûts liés à la gestion des biodéchets. En effet, volumes plus faibles = moins d’espace de stockage nécessaire, moins de manutention et moins de transport.

Les limites et inconvénients de la déshydratation des biodéchets

Malgré tout, la déshydratation présente certaines limites qu’il convient de prendre en compte. Pour commencer, cette technologie ne valorise pas directement les biodéchets.  C’est une étape de prétraitement avant une valorisation ultérieure.

L’ADEME précise par ailleurs que le séchat demeure un déchet [2], tant qu’il n’est pas valorisé. Maximilien Koegler, responsable R&D chez UpCycle alerte lui aussi dans une interview «  la loi interdit le retour au sol direct des séchats ». [2] Soyez donc vigilant si lorsque vous achetez un déshydrateur ou un composteur, le fournisseur vous promet de transformer vos déchets en compost en 24h…

Par ailleurs, utiliser un déshydrateur implique un investissement initial qui peut être important. La fourchette se situe entre 3500€ et 90000€ en juin 2026 [3]. À cela s’ajoutent les coûts d’exploitation liés à la consommation d’électricité (avec la chauffe prolongée, le déshydrateur est énergivore) et à la maintenance de l’appareil.

Enfin, l’intérêt économique de cette technologie est directement lié aux quantités de biodéchets produites. Pour les structures qui génèrent / produisent de faibles volumes, les gains obtenus peuvent être insuffisants pour amortir l’équipement.

Sources :

[1] « Les nouvelles techniques de recyclage et de valorisation des déchets ménagers et des déchets industriels banals »,  www.senat.fr/rap/o98-415/o98-4151.html

[2] « Composteur VS sécheur VS Déshydrateur », https://www.upcycle.org/composteur-ou-secheur-quelles-differences/

[3] « Combien coûte un déshydrateur thermique de déchets ? », https://conseils.hellopro.fr/combien-coute-un-deshydrateur-thermique-de-dechets-4474.html

Camille

Camille

Spécialiste des ressources naturelles et de l'économie circulaire

Camille explore les solutions qui permettent aux organisations de préserver les ressources naturelles et de construire des modèles plus circulaires. Elle partage des analyses, retours d’expérience et innovations pour accélérer la transition écologique.

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